Maman au Québec

Ma petite histoire d’allaitement

Écrit par Cindy Chou

397 jours, c’est le nombre de jours que j’ai allaité mon bébé au moment où j’écris ces lignes. J’ai voulu allaiter parce que c’était pour moi une évidence, une pratique si facile, et puis j’avais envie de vivre cette expérience si particulière de la maternité. J’ai commencé sans trop savoir quoi faire, sans trop savoir combien de temps ça allait durer, sans trop savoir si j’allais y arriver ou non. Je souhaitais faire un seul article au départ mais j’ai finalement décidé d’en écrire plusieurs sur le sujet alors si vous n’êtes pas intéressés par mon histoire d’allaitement, vous pouvez toujours ne pas lire mes articles. D’autres sur nos voyages et expériences à Montréal vont suivre ne vous inquiétez pas, et non vous ne verrez pas de photo de mes boobies (enfin presque pas).

Mes articles sur l’allaitement n’ont pas pour but de faire une apologie de cette manière de nourrir son enfant mais plutôt pour parler de mon vécu et de mon ressenti. Oui j’ai choisi d’allaiter, oui je suis ultra maternante mais je comprends que certaines mamans ne veulent pas allaiter et ça ne fait pas d’elles de mauvaises mamans bien au contraire. Une maman qui s’écoute est une bonne maman. Un bébé grandira très bien en étant nourri au lait maternisé et on peut vivre la maternité pleinement sans allaiter, je ne juge personne, que l’on soit bien clairs sur ce point là chers lecteurs ou plutôt lectrices. Je vois mal des lecteurs lire ces textes sur l’allaitement… Je n’ai pas senti de pression autour de moi au Québec pour me forcer à allaiter mon bébé mais je sais que beaucoup de personnes autour de moi ont vécu cette pression. Je n’ai pas ressenti ce mal-être certainement parce qu’au fond de moi j’ai toujours su que c’était ce que je voulais faire.

Allaiter ce n’est pas un long fleuve tranquille, il y a quelques petites péripéties qui sont venues pimenter mon expérience d’allaitement et c’est ce que je vais partager avec vous à travers mes articles sur l’allaitement. Notamment sur l’allaitement et et le régime d’éviction mais sur l’allaitement et le retour au travail. Je vais donc commencer par parler de ce que j’aurais aimé savoir sur l’allaitement, et de quelques petits moments de la maternité.

  • J’aurais aimé savoir que les premiers mois  de la vie d’un bébé sont difficiles qu’ils soient allaités ou non (aka le quatrième trimestre de grossesse).

La deuxième nuit de vie de bébé sera la pire nuit de votre vie de maman allaitante (ou non). Le bébé a besoin d’être au sein souvent pour que la montée de lait s’en vienne. Il y reste longtemps, et il y est souvent. On ne comprend pas ce qu’il se passe, on est perdu, on ne dort pas, ni papa ni maman, et on pleure. Ça résume notre deuxième nuit (après presque 48h sans dormir). Il faut savoir que cette deuxième nuit, c’est une passe, comme toutes les autres elle finira. Une quasi nuit blanche s’en vient pour vous si vous restez à l’hôpital. Ça va bien aller. Vous êtes des champions. Les multiples pleurs et réveils de la deuxième nuit, on va les revivre plusieurs fois à chaque poussée de croissance (environ aux 3/6/9 jours/semaines/mois). Heureusement lorsque ces nuits-là arrivent, on se sent un peu plus prêts. Le bébé a besoin de rester au sein plus longtemps et plus souvent pendant les poussées de croissance le temps que le corps s’ajuste et qu’il se mette à produire la quantité nécessaire pour le bébé. Vous ne manquez pas de lait si ça vous arrive, c’est normal!!! Pourquoi les mamans allaitantes trouvent cela plus difficile? Souvent car les papas ne sont pas impliqués, ils se disent qu’ils ne peuvent pas allaiter le bébé, alors il ne peuvent rien faire mais c’est faux. Papa chou s’est levé pour aller chercher le bébé la nuit et me l’apporter, m’a apporté de l’eau au milieu de la nuit, et a changé des couches. Il m’a apporté des coussins pour m’ajuster et m’a nourrie tous les soirs lors des tétées groupées durant 3 mois. Il a cuisiné, fait le ménage, les courses. Bref il s’est occupé de nous à 100% pendant 3 mois. Tout en allant au travail la journée. Papa chou est un sacré papa. L’allaitement ce n’est pas juste une affaire de maman, c’est une décision de couple.

  • J’aurais aimé savoir que j’ai voulu arrêter d’allaiter presque tous les jours durant les premiers mois.

J’ai voulu arrêter d’allaiter  à chaque poussée de croissance, j’ai voulu arrêter toutes les nuits où mon bébé se réveillait aux 2h, j’ai voulu arrêter quand j’ai eu des douleurs aux mamelons, j’ai voulu arrêter quand j’étais la seule à pouvoir consoler mon bébé… Mais j’ai continué à l’allaiter en me disant que cette mauvaise passe ne durerait pas et parce que biberon ou allaitement rien n’aurait été différent. Mon bébé se serait réveillé de la même façon la nuit, et aurait voulu être conforté par moi de la même façon. J’ai décidé de m’accrocher à mon allaitement car ça allait si bien. Tout le reste flanchait un peu dans ma nouvelle vie de maman, et je voulais m’accrocher à cet aspect positif de la maternité. Celui que j’étais capable de faire si bien. Surtout c’était si facile… Pas besoin de me lever la nuit pour chauffer un biberon, et pas la peine d’apporter des biberons en sortie. Cette idée pouvait me créer de l’anxiété en moins d’une seconde à cette époque de ma vie. Heureusement pour moi, j’en étais bien consciente que toutes ses passes étaient temporaires. S’occuper d’un bébé de moins de 6 mois c’ est difficile. Alors j’ai tenu bon. Et me voilà, plus d’un an après à écrire ses lignes. Allaitant maintenant un bébé de plus d’un an, un autre défi cette fois-ci.

  • J’aurais aimé savoir qu’allaiter ce n’est pas si facile et que c’est un apprentissage sur le long terme.

Un apprentissage pour notre corps à être sollicité d’une manière dont il n’avait jamais été auparavant. Apprendre à devenir élastique et souple. Apprendre à devenir une machine à produire le lait. C’est aussi un apprentissage pour notre tête, à devoir être si disponible, et si responsable de ce petit être humain. Un apprentissage pour le bébé à trouver la bonne manière de prendre le sein. Un apprentissage en continu pour la maman et le bébé dont chaque nouveau développement apporte un nouveau défi pour l’allaitement. (Allaiter un bébé qui ne veut qu’être debout je vous parle d’un défi!!)

  • J’aurais aimé savoir que j’allais aimer ça autant, si fort.

Que j’allais aimer chaque instant où j’allaite mon bébé et que l’objectif des 6 mois est vite devenu : “Jusqu’à ce que le bébé n’en ait plus envie”. J’aurais aimé savoir que ça allait prendre une part si importante dans mon rôle de maman, et que jamais je ne voudrais arrêter tant que mon bébé n’est pas prêt. On n’est si bien dans notre bulle de bonheur, pourquoi vouloir l’éclater? Je vous entends venir sur vos grands chevaux. Non allaiter mon bébé ne fait pas de moi son serviteur dévoué, je ne me sens pas prisonnière bien au contraire. Je dispose de mon corps de la façon qui me convient le plus. Je peux vivre ma vie comme bon me semble, mais j’avoue de loin préférer la compagnie de mon petit humain aux sorties mondaines. Je vis une vie normale, je vais au gym 2 fois par semaine, et je sors parfois quand le coeur m’en dit. Je ne suis ni prisonnière de mon allaitement ni prisonnière du jugement des autres.

  • J’aurais aimé savoir que je n’étais pas obligée de sevrer mon bébé avant mon retour au travail parce qu’il est possible d’allaiter lorsque l’on travaille.

J’aurais savoir que l’on ne décide pas toujours quand le bébé ne souhaite plus le sein, à 6 mois ou à 18 mois. La fin de l’allaitement est quelque chose qui se passe entre une maman et son bébé. On peut continuer d’allaiter tant que l’on est à l’aise avec ça et que ça nous plait. C’est tout ce qu’il y a à savoir. On n’est obligé de rien, on décide de ce qui est le mieux pour nous.

  • J’aurais aimé savoir que les gens vont nous juger si on allaite un bébé de plus de 6 mois.

Des regards déplacés dans le parc lorsque je sors mon sein, des gens qui me demandent d’allaiter mon bébé à l’écart, ou encore des mots de dégoût. La question qui revient sans cesse lorsque l’on me demande des nouvelles de bébés, et que l’on me répond toujours avec étonnement : Ah bon il est encore allaité??. Encore une fois, les gens ont tous de belles opinions sur comment élever nos enfants, mais vous seuls savez ce qui est le mieux pour votre enfant.

  • J’aurais aimé savoir que certaines mamans de mon entourage pouvaient nuire à mon allaitement. De vraies ressources existent, utilisez-les!

En voulant écouter d’autres mamans de mon entourage qui ont allaité, je me disais qu’elle savaient et que leurs conseils devaient être avisés. On m’a donc conjurer “d’utiliser un biberon et une suce le plus vite possible avec mon bébé sinon il n’allait jamais vouloir prendre de biberon et je serais prisonnière à vie de mon allaitement”. Il s’est avéré que ça a été un des pires conseils que l’on m’a donné. La chose la plus importante que j’aurais aimé savoir lorsque j’allaitais mon bébé de 10 jours, ce n’était pas de devoir lui donner un biberon le plus vite possible sinon il n’allait jamais vouloir arrêter le sein. J’aurais aimé savoir que le biberon est l’ennemi de l’allaitement et qu’il cause la fin de beaucoup d’entre eux. Cela vaut aussi pour la suce. Non, elle ne m’a pas sauvé la vie, et elle aurait pu la rendre terrible si elle avait causé la fin de mon allaitement. Il existe des TAS d’autres méthodes autres que le biberon pour faire boire un bébé autre que le biberon et qui ne cause pas de confusion pour le bébé. Je conseille vivement à toutes les mamans allaitantes de prendre une marraine d’allaitement et d’écouter les conseils d’autres mamans qui allaitent et qui n’ont pas les connaissances clés en allaitement qui peuvent souvent plus vous nuire que vous aider.

Voilà pour ma petite histoire d’allaitement, et ce que j’aurais aimé savoir ou peut être pas finalement. J’ai appris beaucoup de choses durant ces 397 jours d’allaitement, et j’ai pris la décision d’aider les mamans qui souhaitent allaiter dans mon quartier en devenant à mon tour marraine d’allaitement. Je vous parle très bientôt de mon expérience de maman allaitante en régime d’éviction. Du gros fun en perspective.

Et vous, quelle est votre petite histoire d’allaitement? Ou de non-allaitement ?

À propos de l'auteur

Cindy Chou

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